Sélectionner la page

Les chasseurs monoplaces Albatros

 

Un Albatros D.III aux prises avec un Sopwith Camel
Un Albatros D.III aux prises avec un Sopwith Camel

Un peu d’histoire…

Wings of Glory WW1

 

Pour inaugurer cette série d’articles consacrés aux avions de Wings of Glory WW1, je vais commencer par une série de chasseurs emblématiques, et qui sont d’après moi les plus beaux chasseurs de la première guerre mondiale: Les Albatros de la série D !

Albatros D.I

Albatros D.I et D.II

Équipage : 1 homme

Envergure : 8,50 mètres

Longueur : 7,40 mètres

Hauteur : 2,95 mètres

Masse au décollage : 922 kilogrammes

Motorisation : un Mercedes D.III 6 cylindres en ligne de 160 ch

Vitesse maximale : 175 km/h

Autonomie : 1h30

Plafond pratique : 5182 mètres

Armement : 2 mitrailleuses synchronisées LMG 08/15 de 7,92 mm (Luft Maschinen Gewehr produites par l’arsenal de Spandau)

Albatros D.II

Les seules différences entre l’Albatros D.I et le D.II sont un avancement des ailes de 14 cm, ainsi qu’un abaissement du plan supérieur. Le tout afin d’améliorer le champ de vision du pilote. Les autres caractéristiques et performances de ces deux appareils sont identiques.


Albatros D.III

Albatros D.III

Équipage : 1 homme

Envergure : 8,99 mètres

Longueur : 7,33 mètres

Hauteur : 2,90 mètres

Masse au décollage : 908 kilogrammes

Motorisation : un Mercedes D.III 6 cylindres en ligne de 160 ch

Vitesse maximale : 176 km/h

Autonomie : 2h

Plafond pratique : 5485 mètres

Armement : 2 mitrailleuses synchronisées LMG 08/15 de 7,92 mm (Luft Maschinen Gewehr produites par l’arsenal de Spandau)


Albatros D.V

Albatros D.V

Équipage : 1 homme

Envergure : 9,05 mètres

Longueur : 7,33 mètres

Hauteur : 2,70 mètres

Masse au décollage : 915 kilogrammes

Motorisation : un Mercedes D.III 6 cylindres en ligne de 160 ch

Vitesse maximale : 170 km/h

Autonomie : 2h

Plafond pratique : 5700 mètres

Armement : 2 mitrailleuses synchronisées LMG 08/15 de 7,92 mm (Luft Maschinen Gewehr produites par l’arsenal de Spandau)


Albatros D.Va

Albatros D.Va

Équipage : 1 homme

Envergure : 9,05 mètres

Longueur : 7,33 mètres

Hauteur : 2,70 mètres

Masse au décollage : 937 kilogrammes

Motorisation : un Mercedes D.IIIa 6 cylindres en ligne de 180 ch

Vitesse maximale : 180 km/h

Autonomie : 2h

Plafond pratique : 5700 mètres

Armement : 2 mitrailleuses synchronisées LMG 08/15 de 7,92 mm (Luft Maschinen Gewehr produites par l’arsenal de Spandau)

Albatros D.II en formation

Les figurines sont très belles, fidèles à l’original et l’on a aucune peine à les reconnaître. Ici une formation d’Albatros D.II

Albatros D.Va cockpit

Le cockpit de l’Albatros D.Va

Après une longue domination de l’aviation allemande du printemps à l’automne 1915 avec le Fokker E.III (E pour Eindecker – monoplan), les Anglais notamment se référant à cette période sous l’expression « the Fokker scourge » (le fléau Fokker), les alliés reprirent l’avantage avec l’introduction du Nieuport 11 côté Français, puis de l’Airco D.H.2 côté Anglais.

La société Albatros Flugzeugwerke, fondée en 1909, s’est tout d’abord spécialisée au début du conflit dans la construction de biplans d’observations. En 1916 et suite à une requête de l’Idflieg, elle se lance dans la mise au point d’un biplan monoplace qui doit être la réponse de l’Allemagne pour retrouver leur supériorité aérienne. C’est une réussite indéniable !

L’Albatros D.I (D pour Doppeldecker – biplan équipé de deux mitrailleuses) est doté d’un fuselage semi-monocoque de section ovoïde, un revêtement de panneaux en contre-plaqué assurant sa rigidité. Il est motorisé par le Mercedes 6 cylindres D.III de 160 CV refroidis par eau, cette puissance permettant à l’avion d’être équipé de deux mitrailleuses.

Lors de la mise en service des premiers appareils de présérie en août 1916, il surclassait tous les chasseurs alliés en vitesse et puissance de feu. Ses adversaires ne disposaient en effet que d’une mitrailleuse qui n’était d’ailleurs toujours pas synchronisée, l’Airco D.H.2 était un avion à hélice propulsive, donc à l’arrière, et la mitrailleuse du Nieuport 11 était disposée sur l’aile haute pour pouvoir tirer par dessus l’hélice.

L’arrivée de ce chasseur mène les autorités militaires allemandes à créer les premières unités de chasse, les Jagdstaffeln (sous l’impulsion notamment du célèbre Hauptmann Oswald Boelcke, qui remporte d’ailleurs onze victoires en seize jours grâce à son D.I).

Très rapidement, en octobre, les premiers Albatros D.II entrent en service, ses ailes sont avancées de 14 cm et l’aile supérieure est abaissée, ceci pour améliorer la visibilité générale du pilote. Dès leurs mises en service, les Albatros provoqueront une hécatombe chez les pilotes alliés.

Gordon Taylor, alors pilote de Sopwith « Pup », eut l’occasion de piloter un D.II capturé, il déclara qu’il s’agissait « d’une véritable machine à tuer, une arme d’une redoutable efficacité ».

Différences entre les modèles d'Albatros

Différences entre les modèles d’Albatros

Albatros D.III

Intéressant

Le constructeur autrichien Oeffag (Oesterreichische Flugzeugfabrik AG) produisit 526 exemplaires du D.III. Le problème de l’aile est identifié et résolu, ce, dès le début. Cependant, ses mitrailleuses Schwarzlose de 8 mm connurent des problèmes de synchronisation et furent repositionnées sur l’aile.

L’Albatros D.III

Les Allemands ne commirent pas l’erreur cette fois de s’endormir sur leurs lauriers comme ils l’avaient fait avec le Fokker E.III. En effet, alors que de nouveaux Albatros D.II arrivaient continuellement sur le front, et malgré leur nette supériorité sur les chasseurs alliés, les pilotes allemands restaient impressionnés par l’agilité des Nieuport 11 français avec leur voilure sesquiplane (l’aile inférieure est moins large que l’aile supérieure). La société Albatros « emprunta » ce procédé de fabrication à l’ingénieur Gustave Delage pour concevoir son D.III, qui associe donc le fuselage du D.II avec une voilure sesquiplane.

Toutefois le D.III était loin d’être parfait, tout d’abord le nouveau radiateur Teeves & Braun étant disposé au centre le la voilure supérieure, il avait la fâcheuse tendance à asperger le pilote d’eau bouillante lorsqu’une balle venait à le perforer. Ce problème est réglé en le réaménageant sur la droite. Par contre il souffre d’un problème plus grave dû à cette voilure sesquiplane, les ailes étaient en effet plus fragiles et cette faiblesse avait déjà été identifiée sur les Nieuport. Cependant l’Albatros étant plus lourd et plus rapide, les contraintes exercées sur sa voilure lors d’un combat tournoyant n’en étaient que plus élevées. Cette faiblesse pouvait aller jusqu’à la rupture de la voilure, Manfred Von Richthofen en a d’ailleurs été victime lui-même et s’en est sorti miraculeusement.

Ce qui n’a pas empêché ce dernier, après sa 17e victoire et l’obtention de la plus haute distinction militaire allemande, l’ordre « Pour le Mérite », de recevoir le commandement de la Jasta 11, qui n’avait pas enregistré la moindre victoire jusqu’à son arrivée. Il montra immédiatement l’exemple en abattant le jour même un FE.8, et le lendemain un FE.2b. Sous son impulsion, la Jasta 11 devint une unité d’élite et contribua à ce que les Anglais désigneront comme le « Bloody April » (« l’avril sanglant » en 1917).

Ce problème structurel sera plus ou moins réglé en renforçant l’aile, avant l’apparition du D.V.

Les Albatros D.V et D.Va

L’Albatros D.V, en service à partir de mai 1917, utilise un nouveau fuselage plus léger, tout en utilisant le même moteur que le D.III ainsi que la même surface de vol. Il était donc quasi identique au D.III et ne bénéficiait que d’une très légère amélioration de performance. Par contre sa structure plus légère n’était clairement pas suffisamment solide, et les défauts de jointure entre l’aile inférieure et le fuselage provoquèrent de nombreux accidents mortels.

L’Albatros D.Va entre lui en service en octobre 1917, mais ne résoudra pas totalement non plus ces problèmes structurels. Il bénéficie néanmoins du moteur Mercedes D.IIIa, plus puissant de 20 ch, qui lui octroie de meilleures performances. Ces performances demeurent toutefois insuffisantes par rapport aux meilleurs appareils alliés du moment, comme le SPAD S.XIII, le SE.5a ou encore les Sopwith Camel.

Ils seront cependant produits respectivement à 900 et plus de 1600 exemplaires, car les autres appareils allemands comme le Fokker Dr.I et le Pfalz D.III disposent eux aussi de performances insuffisantes.

Albatros D.I - Coupe

L’Albatros D.I en détail

Albatros D.Va - Coupe

L’Albatros D.Va

« Le célèbre Hauptmann Oswald Boelcke remporte d’ailleurs onze victoires en seize jours grâce à son D.I »
Albatros D.II

Les figurines

Nous revoici à nouveau avec de superbes figurines prépeintes !

Elles sont à l’échelle 1/144, et il faut noter d’ailleurs que toutes les figurines, depuis les plus petits monoplaces jusqu’aux bombardiers géants comme le Zeppelin Staaken, sont à l’échelle, ce qui pour moi est un gros plus en faveur de ce jeu.

Le défaut que je pourrais mentionner côté peinture, par rapport à celle des figurines de Star Wars : X-Wing, par exemple le X-Wing, est l’absence de lavis qui permettrait de donner une touche de réalisme, d’améliorer le contraste et de mettre en valeur les détails modélisés sur ces figurines. Ceci étant dit, ces figurines font bel effet sur une table de jeu !

La figurine de l’Albatros D.I n’existe pas dans Wings of Glory WW1, un choix qui se comprend aisément étant donné les performances équivalentes entre le D.I et le D.II, je ne suis pas certain que fabriquer cette figurine serait rentable pour Ares Games.

L’Albatros D.II est parfaitement identifiable et les trois livrées sont suffisamment différentes pour donner envie aux aficionados de posséder les trois.  Il utilise le deck de manœuvres V, possède 14 points de structure et emploi le deck A en puissance de feu grâce à ses deux mitrailleuses. Les caractéristiques de l’avion sont très bien retranscrites en matière de jeu, à savoir qu’il sera moins maniable qu’un Nieuport par exemple, mais est plus rapide et possède une puissance de feu supérieure. Il est à noter que l’on parle bien du Nieuport 11, le Nieuport 17 est lui de vitesse équivalente avec son deck I.

Pour les explications liées à ces decks et les règles du jeu, je vous invite à cliquer sur cet article.

Albatros D.II 360°

Albatros D.II
Albatros D.III VS Airco DH.2

L’Albatros D.III

Mon chouchou ! Pas spécialement pour ses qualités en jeu, mais parce qu’il me permet d’aligner celui appartenant à Werner Voss, un pilote incroyable qui force mon admiration par ses talents. Pour ceux qui ne le connaissent pas, voici une vidéo extraite de la série documentaire « Les Ailes de la Guerre », son dernier combat est y est reconstitué :

Je trouve par ailleurs son avion magnifique. En dehors de cet aspect purement subjectif, l’Albatros D.III est à nouveau parfaitement modélisé.

J’ai quand même une réserve sur ses points de structure, il en possède en effet 14 comme le D.II, ce qui me gêne étant donné qu’il était plus fragile, lui donner 13 points eut été plus judicieux selon moi. Il utilise le deck A de puissance de feu et le deck de manœuvres J, de même que le Pfalz D.III, normal puisqu’ils avaient des performances sensiblement identiques. Le Pfalz avait par contre l’avantage d’être nettement plus solide, parfaitement rendu en termes de jeu par ses 16 points de structure.

Albatros D.III Werner Voss 360°

Il est à noter qu’Ares Games réédite l’Albatros D.III dans de nouvelles livrées pour une sortie prévue au mois de juin, une excellente nouvelle pour tous les nouveaux joueurs, et même les anciens qui n’auraient pas pu se procurer cet avion lorsqu’il était sorti chez Nexus.

J’aurais aimé qu’au moins un de ces Albatros D.III reprenne les caractéristiques de l’un de ceux fabriqués par Oeffag comme illustrées par les cartes ci-dessous, mais ne boudons pas notre plaisir :

Albatros D.III Ernst Udet

l’Albatros D.III d’Ernst Udet


Albatros D.III Oeffag

l’Albatros D.III Oeffag

Albatros D.III en formation
Albatros D.Va en formation

L’Albatros D.Va

Le D.V n’est pas non plus représenté dans Wings of Glory, un choix à nouveau compréhensible étant donné ses performances quasiment identiques à celles du D.III.

Le D.Va utilise un autre deck de manœuvres que le D.III du fait de son moteur Mercedes D.IIIa plus performant et de son fuselage plus léger. Il s’agit du deck B, il utilise toujours le deck de puissance de feu A, et il passe à 15 points de structures du fait du renforcement de ses ailes par rapport au D.III.

Sa figurine est là encore (presque) parfaite sur le plan de la modélisation. J’ai en revanche, par rapport aux figurines de ses prédécesseurs, une réserve quant à sa gouverne de direction, celle de son modèle était beaucoup plus ronde que sur la figurine. Il y a, il faut le reconnaître, une légère différence entre les gouvernes des figurines du D.III et du D.Va, mais elle est trop faible et on ne retrouve pas du tout ce demi-cercle caractéristique de celle du D.Va.

Maintenant bien sûr je chipote, et les joueurs moins maniaques que je ne le suis ne s’en préoccuperont pas. Par ailleurs, le fuselage du D.Va de son côté est bel et bien différent de celui du D.III, donc l’honneur est sauf.

Du côté du jeu, le D.Va fait jeu égal en matière de vitesse avec un Hanriot HD.1 ou un Sopwith Camel par exemple, même si leurs capacités de manœuvres ne sont pas les mêmes évidemment, le Hanriot utilisant le deck F et le C pour le Camel.

Albatros D.Va 360°

Albatros D.Va en formation
Albatros D.Va en formation

En conclusion

Globalement, avec une seule petite réserve de ma part quant à la résistance d’un Albatros D.III que j’aurais préféré un peu plus basse par rapport au D.II, ces avions sont non seulement magnifiques et du plus bel effet sur une table de jeu, mais aussi extrêmement bien modélisés sur le plan des données de jeu.

Chacun des modèles possède un deck de manœuvres spécifique, et l’on retrouve bien les modèles de vol respectifs que l’on attend sur ces figurines, compte tenu des performances de leurs modèles à l’époque.


Références :

  • Les avions célèbres de la Première Guerre mondiale (Ed. Histoires & Collections – 2014)
  • Encyclopédie Les Avions de la Grande Guerre (Ed. Acropole – 2014)
  • Albatros Fighters in action (Ed. squadron/signal – 1981)
  • Champs de Bataille Thématique n° 26 – L’aviation du Kaiser dans la Grande Guerre (Ed. Conflits & Stratégie – 2012)
  • Connaissance de l’histoire Hors-série n°1 : Avions de la 1re Guerre mondiale – Profils et Histoire (Ed. Hachette – 1979)
  • Connaissance de l’histoire n° 33 : Chasseurs 1914-1918, la naissance de la guerre aérienne, as et pionniers, tous les appareils – Ed. Hachette 1981)

Et vous que pensez-vous de ces figurines ?

Partagez-vous mes quelques réserves ?

Avez-vous des exemples de figurines entièrement personnalisées ?

 

Pin It on Pinterest

Share This